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1 novembre 2018

À Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac-Carré

Le sentier de raccordement de la motoneige reporté d’une autre année

Les motoneigistes vont devoir ronger leur frein encore un an. L’aménagement du sentier de raccordement de la motoneige à Saint-Faustin-Lac-Carré et Mont-Tremblant est une fois de plus reporté. Il ne s’agit que d’un délai d’un an cette fois, assurent les responsables.

Yves Rouleau , journaliste

Une scène qu'on ne verra pas tout de suite à Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac Carré.
Une scène qu'on ne verra pas tout de suite à Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac Carré.
© Photo L'information du Nord - archives

En décembre dernier, on sabrait le champagne chez des motoneigistes et des élus de la région avec l’annonce du raccordement visant à rallier le sentier du P’tit Train du Nord vers Labelle, après une fermeture de 14 ans résultant d’une décision du tribunal. Le gouvernement débloquait 3 millions de dollars et mandatait le Club de motoneige Diable et Rouge afin d’agir comme maître d’œuvre de l’aménagement du contournement de 9,2 kilomètres.

Il y a quelques jours, le président du Club de motoneige Diable et Rouge Roland Leroy a été obligé de jeter une douche d’eau froide aux motoneigistes. « Suite (…) aux règlementations et embûches administratives, les délais trop courts, nous n’avons, malgré toute notre bonne volonté, d’autre choix que de constater qu’il y a impasse et que nous devons avec regrets prendre la décision de reporter la réalisation du sentier de raccordement », a fait savoir le président.

Autorisations à venir

Le maître d’œuvre n’a toujours pas obtenu l’autorisation de la Ville de Mont-Tremblant pour construire un pont, ni reçue l’autorisation de la MRC des Laurentides pour canaliser un bout de ruisseau de 150 mètres. À cela s’ajoute l’attente d’un certificat d’autorisation de l’environnement pour la construction d’un pont dans un milieu humide ou l’adoption d’une dérogation à un règlement de la Ville de Mont-Tremblant pour ce qui touche la distance entre le sentier et les résidences.

« Le Club de motoneige Diable et Rouge a investi 170 000$ jusqu’à présent en études, plans et demandes d’autorisation, a indiqué Roland Leroy. On a tout en main, tout est prêt. Au mois de décembre, ou encore en janvier, nous allons obtenir les certificats d’autorisation environnementale. Nous avons l’entière collaboration du conseil de Ville de Mont-Tremblant. La firme d’ingénieurs nous indique que de six semaines à deux mois sont nécessaires pour compléter le projet une fois que les autorisations auront été obtenues. »

Ce dernier délai faisait en sorte qu’il devenait impossible de compléter le raccordement cet hiver, a constaté le conseil d’administration du Club de motoneige Diable et Rouge. On n’avait donc d’autre choix, selon Roland Leroy, d’annoncer le report d’un an. Il a néanmoins ajouté catégoriquement que les motoneigistes passeront à l’hiver 2019-2020.

Déception et appréhension

Le maire de Saint-Faustin-Lac-Carré, Pierre Poirier, n’a pas cherché à cacher sa vive déception en apprenant le nouveau report d’un an du sentier de contournement pour la motoneige, un projet que sa municipalité appuie sans réserve depuis 2010.

Il se montre particulièrement perplexe sur les causes de ce retard. « On dirait qu’il y a quelqu’un, quelque part qui met des bâtons dans les roues», dit-il.

« On a demandé à la municipalité d’adopter un nouveau règlement sur l’appui au projet il y a un mois, alors que tout ça avait déjà été fait. Une résolution ça ne devient pas caduc dans le temps. On nous a annoncé que le MTQ n’a plus juridiction sur les emprises de la route 117. Qu'est-ce que c'est que ça? Maintenant, le ministère de l’Environnement nous dit que ça ne peut pas se faire dans l’état actuel des choses. Ça n’arrête pas », dit-il.

Le maire Poirier tient tout de même à entretenir l’espoir que le projet pourrait toujours se réaliser cette saison. S’il devait en être autrement « c’est tout le monde qui serait perdant: les commerçants, les motoneigistes, toute l’économie locale », affirme-t-il.

Même son de cloche chez les motoneigistes de la région. « Je viens juste de m’acheter une motoneige flambant neuve. Elle va passer pas mal plus de temps dans le garage. Si d’autres font comme moi, c’est beaucoup d’argent qui ne se retrouvera pas dans l’économie locale et des pertes pour les commerçants », a indiqué le résident de Saint-Faustin-Lac-Carré Simon Léonard.

Mont-Tremblant

À la Ville de Mont-Tremblant, on a adopté une résolution d’appui à l’aménagement du sentier en séance extraordinaire en septembre. 

Le coordonnateur à l’urbanisme Stéphane Martin a expliqué, lors d’un entretien avec L’information du Nord, que le Club de motoneige Diable et Rouge doit néanmoins préalablement obtenir un certificat d’autorisation pour des travaux en milieu humide sur les rives du ruisseau Clair ainsi que des autorisations de passage des propriétaires en bordure du sentier.

Une zone le long du ruisseau Clair est maintenant établie comme « inondable ». Une dérogation ou exception pourrait toutefois être accordée pour permettre l’aménagement du sentier, mais seulement après la réalisation d’une étude par une firme reconnue mandatée par le maître d’œuvre pour que des mesures compensatoires puissent être mises de l’avant.

Par ailleurs, la Ville de Mont-Tremblant pose également comme condition que le maître d’œuvre obtienne des autorisations de passage chez tous les propriétaires à moins de 100 mètres du sentier.

Le coordonnateur en urbanisme souligne l’existence d’une différence d’interprétation en ce qui touche cette distance d’autorisation. La Ville estime que la zone est de 100 mètres alors que le Club de motoneige pense qu’il s’agit de 30 mètres. « La question est de savoir si c’est un nouveau sentier ou un sentier déjà existant. Notre interprétation est que c’est un nouveau sentier et que la distance doit donc être de 100 mètres », a expliqué M. Martin.

Si toutes les exigences sont respectées, le conseil pourrait adopter les résolutions qui permettraient au raccordement d'aller de l'avant, ce qui pourrait mener à des travaux l’été prochain, croit M. Martin.

 

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Yves Rouleau , journaliste

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