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29 novembre 2018

Fauchés à la scie par Hydro-Québec

Un résident d’Arundel doit dire adieu à ses sapins de Noël

Un résident d’Arundel a vu 4500 de ses sapins plantés pour en faire des arbres de Noël disparaître sous les coups de scie mécanique, en mai dernier. Avec eux s’est écroulé un de ses projets de retraite les plus chers.

Yves Rouleau , journaliste

Les sapins, dont certains avaient presque atteint la taille pour être vendus comme arbre de Noël, ont été coupés et laissés dans le champ. M. Bazinet les a ramassés pour nous montrer la taille qu’ils avaient.
Les sapins, dont certains avaient presque atteint la taille pour être vendus comme arbre de Noël, ont été coupés et laissés dans le champ. M. Bazinet les a ramassés pour nous montrer la taille qu’ils avaient.
© Photo L'information du nord - Yves Rouleau

« Ils sont arrivés ici comme de vrais sauvages à 5 heures du matin et ils se sont mis à couper mes sapins qui mesuraient déjà environ six pieds et étaient presque prêts à être vendus comme arbres de Noël », a indiqué le résident du chemin de la Montagne, Bernard Bazinet.

Les pertes pourraient s’élever à plus de 200 000$, selon le prix au détail des sapins de Noël actuellement.

Les arbres avaient été plantés, il y a sept ans, dans un champ de 30 acres appartenant à M. Bazinet. Ce dernier explique avoir délibérément planté certains des arbres dans l’emprise des lignes électriques de haute tension d’Hydro-Québec. M. Bazinet a expliqué qu’il s’était enquis de son droit de planter les arbres à cet endroit sur un site Internet officiel d’Hydro-Québec.

« Le site indiquait clairement le droit de planter des sapins de Noël et des cèdres », a indiqué M. Bazinet en remettant à L’information du Nord, une copie d’une page photocopiée du site.

Manque de communication

Vers la fin avril de cette année, le résident d’Arundel a constaté que des travaux de maîtrise de la végétation avaient été entrepris par Hydro-Québec, sous les lignes de haute tension, sur une propriété voisine de la sienne.

« Je les ai informés de l’existence de la plantation de sapins de Noël sur ma propriété et je leur ai demandé de ne pas couper les arbres. Ils m’ont donné le numéro de téléphone de gens à appeler chez Hydro-Québec », a-t-il mentionné.

M. Bazinet dit avoir parlé au responsable des travaux qui l’a référé aux Propriétés immobilières d’Hydro-Québec. « Je n’ai pas pu parler à personne. J’ai finalement laissé un numéro de téléphone leur demandant de me rappeler, ce qu’ils n’ont jamais fait », a-t-il indiqué.

Alors qu'il attendait encore des nouvelles, le 30 mai dernier, il a été réveillé par le ronflement des scies à chaînes. En accourant sur les lieux, il a eu le choc d'apercevoir à travers l'épais brouillard tous ses sapins de Noël gisant sur le flanc.

M. Bazinet a sollicité l’avis d’un avocat dans l’espoir d’obtenir une compensation pour cette lourde perte. « L’avocat m’a répondu que comme je n’avais pas commencé à vendre de sapins de Noël et que je ne détenais aucune facture, il me serait très difficile de faire valoir mes pertes au tribunal », a-t-il mentionné.

Dans quatre ou cinq ans, tout au plus, les sapins auraient atteint la taille prévue pour être vendus comme arbres de Noël.

Mince consolation pour M. Bazinet, 500 sapins qui ne se trouvaient pas dans l’emprise ont été épargnés.

Hydro-Québec se dit dans son droit

Hydro-Québec regrette l’élimination de sapins de Noël d’un résident d’Arundel, une situation qui aurait pu être évitée, mentionne-t-on. Toutefois, les arbres devaient être coupés pour assurer l’accès aux équipements de l’entreprise et ainsi garantir leur sécurité, a mentionné le porte-parole aux communications Louis-Olivier Batty.

La société d’État était dans son droit de couper les arbres qui se trouvaient dans une servitude consentie par M. Bazinet en 1978, a expliqué M. Batty. Néanmoins, les arbres auraient pu y être plantés et laissés en vie si M. Bazinet avait communiqué avec la société d’État pour conclure une entente. Hydro-Québec permet plusieurs utilisations du terrain dans les emprises pourvu qu’elles ne constituent pas un empêchement à la sécurité des équipements de l’entreprise, a précisé le porte-parole.

« Nous sommes vraiment tristes pour M. Bazinet. Hydro-Québec tente toujours d’en arriver à une entente. Mais avec une ligne névralgique, il faut d’abord s’assurer d’un dégagement et d’un accès pour la sécurité. Malgré tout, une entente aurait toujours pu être attachée avec nous au préalable. Avec 115 000 kilomètres de ligne, on ne peut consulter les propriétaires un à un », a ajouté M. Batty.

Ce dernier a complètement exonéré les équipes qui se sont présentées chez M. Bazinet pour couper les arbres comme on leur avait demandé à Hydro-Québec.

« Il s’agissait de couper des arbres dans une servitude où l'on avait tous les droits. Malheureusement, en premier, les choses auraient pu être mieux faites de part et d’autre », a conclu l’employé d’Hydro-Québec.

 

 

 

 

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Yves Rouleau , journaliste

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