L'Information du Nord 819 425-8658  

Partager:
5 décembre 2018

Harcelée par ses voisins à Mont-Tremblant

L’enfer de Claudette Blais évalué à 107 000$

« Le jugement ne répare pas le mal subi. Mais au moins, je n’aurai plus affaire à eux et tout le voisinage en sera débarrassé », mentionne Claudette Blais, une résidente du chemin du Couvent, à Mont-Tremblant, qui vient de recevoir du tribunal 107 023$ en compensation pour les dommages subis de la part de deux voisins pendant une douzaine d’années alors qu’elle opérait chez elle un gîte du passant.

Yves Rouleau , journaliste

Les caméras de surveillance ont joué un rôle important pour étayer les plaintes de Claudette Blais.
Les caméras de surveillance ont joué un rôle important pour étayer les plaintes de Claudette Blais.
© Photo L'information du Nord - Yves Rouleau

Dans une récente décision, le juge de la Cour supérieure Pierre Nollet octroie à Mme Blais 62 023$ pour des dommages matériels, troubles et inconvénients; 25 000$ à titre de dommages exemplaires et punitifs et 20 000$ pour les déboursés et honoraires extrajudiciaires dus à l’abus, des voisins Maurice Matte et son fils Stéphane Matte.

Le tribunal ordonne à ces derniers de cesser tout comportement harcelant ou de communiquer avec Mme Blais, avec de surcroît plusieurs autres ordonnances liées aux propriétés voisines.

Dans le jugement, le président du tribunal indique que « les voisins s’étaient transformés en geôliers, faisant de Mme Blais une prisonnière dans sa maison, que celle-ci aurait souhaité mettre fin au cauchemar, mais que se faisant il lui aurait fallu faire le choix déchirant d’abandonner son rêve ».

Au cours du procès entamé en juin dernier, il a été question d’injures vociférées, de dommages à l’auto, de nuisance à son entreprise de gîte du passant, à sa vie de couple, à son intégrité, au respect de sa personne et à la pleine jouissance de sa propriété. Des témoignages ont en outre fait état de savon versé dans le bain-tourbillon extérieur, d’appels téléphoniques au beau milieu de la nuit, d’injures et de menaces contre le conjoint.

« Il y a eu une atteinte claire à sa dignité, à son intégrité et à son honneur…le tribunal a vu témoigner une femme (Mme Blais) détruite par l’acharnement de ses voisins, son rêve d’une vie s’est écroulé », mentionne le juge Nollet.

Filmés sur vidéo

Les policiers ont été appelés à de nombreuses reprises aux domiciles de l’une et l’autre des parties nommées dans cette action en justice, souligne par ailleurs le juge. Ce dernier explique toutefois que des versions contradictoires des événements ont rendu la tâche difficile aux policiers.

C’est toutefois à la suite d’une recommandation de la police, après un incident au cours duquel l’évier de Mme Blais a été bloqué pendant son absence causant un dégât d’eau, que celle-ci se résout à installer un système de surveillance vidéo. Sur l’une des vidéos, on y voit et y entend notamment Maurice Matte traiter à tue-tête Mme Blais de « grosse vache » et de bien d’autres choses. Ces vidéos ont été montrés en cour.

« J’ai vécu des moments épouvantables. J’ai dormi avec un bâton de baseball à mes côtés, je cachais ma voiture avant de partir en voyage pour qu’ils ne le sachent pas. Je ne sais pas comment il se fait que je n’aie pas succombé à la dépression. Je me disais toujours que ça allait finir, qu’ils allaient se tanner… maintenant, j’ai le regret de ne pas avoir entrepris une action en justice plus vite. Si j’avais un conseil pour les gens dans cette situation, ce serait de ne pas attendre », relate Claudette Blais.

Selon Me Vanda Nina Fernandez, l’avocate de Claudette Blais, ce dédommagement de 107 023$ est le plus important jamais accordé au Québec dans un cas de troubles de voisinage.

L’avocat des Matte veut aller en appel

L’avocat de Maurice Matte et Stéphane Matte a indiqué qu'il veut porter en appel la récente décision d’un juge de la Cour supérieure qui condamne ses clients à verser un dédommagement de 107 023$ à Claudette Blais, leur voisine du secteur Village de Mont-Tremblant.

Me John T. Pepper a précisé à L’information du Nord qu’il allait déposer une requête pour permission d’appel. Une première audition doit avoir lieu le 13 décembre.

Partager:

Yves Rouleau , journaliste

  • Courriel

À ne pas manquer