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15 août 2018

La Rouge en tête du dramatique palmarès des noyades

La rivière Rouge est depuis une décennie le plus meurtrier des cours d’eau qui sillonnent les Laurentides.

Yves Rouleau , journaliste

Une nouvelle investigation de la coroner Denyse Langelier est instaurée en rapport au plus récent décès survenu dans la rivière Rouge le 30 juillet près du pont d’Huberdeau. Cette photo a été prise au rond-point de la rue Staniforth alors qu’elle corroborait certaines informations.
Une nouvelle investigation de la coroner Denyse Langelier est instaurée en rapport au plus récent décès survenu dans la rivière Rouge le 30 juillet près du pont d’Huberdeau. Cette photo a été prise au rond-point de la rue Staniforth alors qu’elle corroborait certaines informations.
© L’Information du Nord – Yves Rouleau

Pas moins de huit personnes se sont noyées dans ses eaux depuis 2008, trois au cours des deux dernières années uniquement, selon des chiffres compilés par la Société de Sauvetage, un organisme qui œuvre à la prévention des noyades et des traumatismes associés à l’eau.

« Lors d’une enquête du coroner, un expert de l’université McGill avait expliqué qu’en plus de ces courants vortex avec aspirations vers le bas, la rivière Rouge a la particularité d’abriter des sables mouvants mélangés avec le sable. Le baigneur a l’impression de s’enliser davantage que de monter, ce qui peut créer de la panique », souligne le directeur général de la Société de Sauvetage Raynald Hawkins.

M. Hawkins se demande si les affiches d’avertissement font la différence. Souvent, les baigneurs se glissent dans la rivière par des terrains privés à l’insu de tout le monde. L’installation de clôtures lui paraît par ailleurs une mesure excessive. « Pour prévenir les noyades, je préfère la recommandation avancée par un coroner de rendre les cours de natation obligatoires dans les écoles secondaires », dit-il.

S’il existait davantage de plages publiques avec surveillance, les baigneurs auraient moins tendance à se baigner n’importe où, affirme par ailleurs le directeur général de la Société de Sauvetage.

Ce dernier ne trouve pas d’explications au fait qu’il y a un plus grand nombre de noyades dans les rivières au Québec qu’ailleurs au Canada. En effet, environ deux noyades sur cinq (41%) dans la province surviennent dans des rivières. Dans huit cas sur dix, les victimes sont de jeunes hommes.

Devant cette situation du grand nombre de noyades dans les rivières au Québec, la Société de Sauvetage souhaite mener une campagne de sensibilisation auprès de la population. « Il ne nous manque que le financement. On regarde du côté des municipalités », mentionne-t-il.

Décès par rivière (2008-2018)

Rouge :           8

Nord :             6

Lièvre :           2

Mille-Iles :      2

Outaouais :     2

Diable :           1

Maskinongé : 1

Pontmain :      1

Chronologie des noyades survenues dans la rivière Rouge

juillet 2008 : adolescent 16 ans

août 2008 : homme 24 ans

juillet 2010 : homme 27 ans

juillet 2013 : adolescent 19 ans

juillet 2015 : homme 32 ans

juin 2017 : homme 29 ans

juin 2018 : adolescent 17 ans

juillet 2018 : homme 20 ans

(Données compilées par la Société de Sauvetage)

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Yves Rouleau , journaliste

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