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11 septembre 2018

Le projet Faubourg Tremblant au carrefour Vaillancourt

« Ça va être un plus », affirme le maire Luc Brisebois

Le nouveau complexe commercial Faubourg Tremblant de 50 000 pieds carrés au sud du carrefour giratoire Vaillancourt n’étranglera pas la principale artère commerciale  de Mont-Tremblant, la rue de Saint-Jovite, assure le maire Luc Brisebois.

Yves Rouleau , journaliste

La rue de Saint-Jovite, une des dernières « rues principales » encore en vogue au Québec.
La rue de Saint-Jovite, une des dernières « rues principales » encore en vogue au Québec.
© Photo L'information du Nord - Yves Rouleau

Questionnée par L’Information du Nord immédiatement après l’annonce du projet de 15 millions$ de Développements Brookline, le maire s’est montré rassurant, même si de nombreux résidents semblaient pour leur part perplexes, comme l’indiquait les commentaires dans la page Facebook du journal après la publication de l’article sur le projet.

« Bonne chance pour engager du personnel, c’est la pénurie partout…J’espère que les revenus de taxe supplémentaires vont servir à investir dans le centre-ville…Les commerces du centre-ville vont faire faillite…La Ville pense créer de nouveaux emplois, mais nous avons déjà une pénurie de main-d’œuvre. Aucun des élus ne semble se préoccuper du problème…Le futur Brossard des Laurentides avec plein de fast-food et des triplex bruns, gris et noirs, banlieue sans identité… », pouvait-on lire parmi les commentaires généralement mitigés.

Autre son de cloche

Le maire Brisebois offrait pour sa part un autre son de cloche. « C’est une halte routière à Mont-Tremblant et ça, on n’en avait pas. Ça va être un plus», a-t-il soutenu.

Il ne croit pas que ce complexe commercial nuira aux commerçants du cœur du centre-ville, la rue de Saint-Jovite. « Ici, sur la 117, on aura surtout des restaurants de type fast-food pour les gens qui n’ont pas beaucoup de temps. Ça va peut-être nous en amener au centre-ville qui autrement auraient poursuivi leur chemin vers leur destination, mais là ils vont prendre le temps de débarquer », a-t-il expliqué.

Le maire réaffirme que la Ville a bel et bien un plan pour assurer la survie commerciale de la rue de Saint-Jovite et du centre-ville. « Je ne peux pas en parler pour le moment, mais il y a des choses qui s’en viennent », a-t-il mentionné avant de préciser que la Ville ne permet pas tous les usages commerciaux dans des secteurs comme le long de la route 117. « Nous avons eu des demandes pour l’installation de pharmacies et on ne l’a pas autorisé. Les commerces comme les pharmacies ou la succursale de la SAQ sont ciblés pour le centre-ville. Le conseil s’est battu pour garder le magasin de la SAQ au centre-ville, ce sont des ancrages », a-t-il insisté.

Le maire Brisebois a voulu se faire convaincant en insistant sur la vision de la Ville de Mont-Tremblant pour la rue de Saint-Jovite. « La rue va rester vivante. C’est primordial, c’est notre colonne vertébrale. Les gens aiment se promener et magasiner au centre-ville. Ils parlent avec les propriétaires des commerces. C’est une rue qui a une âme. Il y a des restaurants comme Les Petits Ventres où ce sont les propriétaires qui font à manger, qui sont là sur place, c’est pas pareil », a-t-il fait valoir.

Trouver sa niche

Pour sa part, la directrice du développement chez le promoteur Développement Brookline, Christine Lalonde, assure que Faubourg Tremblant trouvera sa niche sans nuire au centre-ville et l’aidera peut-être même.

« En direction sud, souvent on perd les passants qui continuent jusqu’à Sainte-Agathe ou ailleurs. Il n’y a vraiment rien pour les retenir à Mont-Tremblant. Nous allons être un peu comme un phare au niveau de la route 117 », a-t-elle soutenu.

Le projet était en gestation depuis un bon moment, a indiqué la porte-parole de Développements Brookline et il a été soigneusement peaufiné. « On a voulu s’assurer que les locataires étaient vraiment les bons, qu'ils sont un complément à ce qui existe déjà dans la communauté, que ça vient simplement chercher les gens qui manquent », a-t-elle fait valoir.

Inquiétudes pour la rue de Saint-Jovite

Un résident professionnel local invite le conseil municipal a bien prendre la mesure de l’impact des nouveaux complexes commerciaux qui poussent en périphérie de la rue de Saint-Jovite et du centre-ville de Mont-Tremblant.

L’architecte René Dorais a mis sur pied avec quelques autres personnes le comité des commerçants de la rue de Saint-Jovite. Les adhérents se rencontrent pour discuter de questions touchant la principale artère commerciale de Mont-Tremblant et ses exploitants.

Contacté par L’Information du Nord, M. Dorais s’est dit interpellé par l’implantation, coup sur coup, de deux complexes commerciaux en périphérie au cours des derniers mois, l’un à l’angle de la montée Ryan et de la route 117 et l’autre, sur la route 117, au sud du carrefour giratoire Vaillancourt.

« Mesure-t-on toutes les conséquences pour la rue de Saint-Jovite, souligne René Dorais. On comprend qu’il y a des fuites commerciales qu’on veut colmater, mais il ne faudrait pas donner des chèques en blanc aux promoteurs ».

Le professionnel considère la rue de Saint-Jovite comme un trésor local, « une vache à lait qu’il ne faut pas tuer ».

Le citoyen préoccupé souligne que les artères commerciales du type de la rue de Saint-Jovite sont en voie de disparition au Québec, mais celles qui survivent ont la cote auprès des résidents locaux qui magasinent et des visiteurs. « La rue de Saint-Jovite attire les touristes », dit-il.

En plus de la présence des centres commerciaux qui se multiplient, les petites boutiques souffrent de la concurrence de la vente en ligne et de la pénurie de main-d’œuvre, mentionne-t-il.

« Il faut des élus au conseil municipal qui sont sensibles à ce contexte pour les commerçants de la rue de Saint-Jovite. On a besoin d’une vision à court et à long terme », indique René Dorais.

Selon lui, il importe par ailleurs que le conseil municipal se montre transparent dans ses politiques en regard au plan d’urbanisme et au développement municipal pour éviter que la population soit déçue en apprenant des projets à la dernière minute.

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Yves Rouleau , journaliste

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