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9 janvier 2019

Surf des neiges alpin

Jules Lefebvre trace son chemin sur les pentes

Contrairement à d’autres skieurs et planchistes professionnels qui, dès leur petite enfance, se sont initiés à leur sport, Jules Lefebvre n’avait aucune prédestination à devenir un athlète. Pourtant, le surfeur des neiges figure maintenant sur la courte liste des espoirs canadiens dans sa discipline.

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Jules Lefebvre, avec le mont Tremblant en arrière-plan.
Jules Lefebvre, avec le mont Tremblant en arrière-plan.
© L’information du Nord – Maxime Coursol

C’est un peu une histoire de Cendrillon, du propre aveu de Jules Lefebvre. Le jeune homme, qui est né et a grandi à Montréal, n’est monté sur une planche à neige qu’à l’âge de 10 ans. « Au début, c’était vraiment un loisir, raconte-t-il. Avec mon père, nous avons fait le tour des montagnes du Québec, on glissait vraiment juste pour le plaisir. C’est l’aspect compétitif qui m’a séduit et qui m’a finalement fait aboutir dans le Club de ski de Mont-Tremblant vers l’âge de 14-15 ans. »

Tout de suite, l’entraîneur Patrik Gaudet a vu un potentiel en Jules. Si l’aspect technique était moins développé chez lui que chez d’autres, l’adolescent avait de grandes qualités athlétiques. « J’ai touché à beaucoup de sports dans ma vie: handball, soccer, vélo... Aujourd’hui encore, je ne suis pas autant dans la technique que d’autres membres de l’équipe canadienne, mais je me démarque par mon cardio, ma musculature, ma préparation mentale et l’importance que j’accorde à la nutrition. Je pense que mon parcours différent des autres est devenu une force pour moi », confie celui qui a aujourd’hui 22 ans.

« C’est le père d’un ami du primaire qui m’a orienté vers le snowboard alpin. Je lui ai envoyé une photo de ma victoire aux Championnats québécois pour le remercier de m’avoir guidé dans cette discipline », raconte Jules Lefebvre.

Conjuguer études et sport

Ce désir de faire de la compétition conjugué à son talent et son travail sur les pentes a poussé les parents de Jules a loué un chalet près de Tremblant pour permettre à leur fils de se développer. Un choix judicieux, puisque ce dernier a rapidement gravi les échelons: il a eu pendant trois ans sa place sur l’équipe québécoise de snowboard alpin, avant d’être appelé sur l’équipe canadienne de développement dans cette même discipline. Il en fait partie depuis 2016, l’année où il a représenté le pays aux Championnats du monde junior. Il s’est démarqué là-bas avec une 4e place en slalom parallèle et une 7e place en slalom géant en parallèle, avant de remporter deux podiums sur le circuit Nor-Am.

Jules est maintenant un ambassadeur de la Station Mont Tremblant, où il passe la majeure partie de la saison hivernale lorsqu’il n’est pas à l’extérieur pour des compétitions. « J’ai développé de belles amitiés avec d’autres membres du Club, confie-t-il, et mes parents aussi y ont trouvé leur compte. Ma mère est tombée en amour avec le Village de Mont-Tremblant et mon père, avec la montagne! »

En parallèle de sa carrière sportive, Jules poursuit également des études en génie physique à l’École Polytechnique de Montréal. Conjuguer ces deux activités n’est pas toujours évident. « Je dois faire des choix, par exemple, je pars rarement plus de deux semaines en Europe pour des compétitions. Mais c’est important pour moi de penser aussi à mon après-carrière, car je ne pourrai pas vivre du snowboard toute ma vie et je le sais. Ariane Lavigne est vraiment un beau modèle de cheminement là-dessus: elle a complété ses études avant d’avoir une carrière olympique. Je veux faire pareil. »

Une saison difficile

Si la saison 2017-18 en a été une de rêve pour Jules, qui a notamment fait une 27e place au slalom géant en parallèle sur le circuit de Coupe du monde à Kayseri (Turquie) et une 29e place au slalom en parallèle de Bad Gastein (Autriche), celle qui s’entame est plus difficile. Il s’est en effet blessé à l’épaule lors d’une chute à l’entraînement en novembre et n’a pas brillé en décembre ni à Carezza, ni à Cortina d’Ampezzo, où il a raté une porte. Il reste malgré tout confiant de réussir un top 32 sur le circuit.

« Je retourne à Bad Gastein en janvier, puis à Rogla en Slovénie. Ultimement, je voudrais au moins faire une 27e place, qui est ma meilleure performance jusqu’à date. Je vais aussi participer à des courses Nor-Am. Là, c’est sûr que je vise le podium », conclut-il.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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