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7 février 2019

Carolyne Dupras parle de la vie après le suicide

« Je t’aime mon Hugo »

« Je ne trouve pas les mots pour dire à quel point il me manque…l’homme de ma vie ». C’est ce qu’écrivait Carolyne Dupras sur sa page Facebook, le 17 janvier dernier, un an jour pour jour après le suicide de son fils de 18 ans Hugo Labelle.

Yves Rouleau , journaliste

Carolyne Dupras est déterminée à avancer malgré la douleur qui l’étreint.
Carolyne Dupras est déterminée à avancer malgré la douleur qui l’étreint.
© Photo L'information du Nord - Yves Rouleau

La femme de Mont-Tremblant a accepté une demande d’entrevue de L’information du Nord pour parler, en toute humilité, de ses sentiments après cette terrible tragédie, alors que se déroule La Semaine nationale de la prévention du suicide (du 3 au 9 février).

« Le 17 janvier dernier, jour du décès de mon fils, a été la journée la plus difficile de ma vie », dit-elle en pleurant.

Elle est néanmoins convaincue que « c’est important d’en parler » même si elle a constaté que le sujet demeure tabou dans plusieurs milieux.

Elle n’a pas de récit héroïque ou du type « modèle à suivre si vous êtes éprouvé par le suicide de votre enfant » à raconter. Elle dit se livrer d’abord pour les personnes qui vivent la même tourmente qu’elle.

Mal de vivre

La mère de trois enfants a compris qu’Hugo ne s’est pas enlevé la vie à cause d’elle ou de quiconque, mais seulement parce qu’il avait en lui un profond mal de vivre.

« Hugo était un enfant joyeux, toujours souriant, plein d’entrain, populaire dans son entourage. Il l’est resté toute sa vie. Dans les jours avant sa mort, on a eu un repas toute la famille et il semblait heureux », mentionne-t-elle.

Bien sûr, elle comprend maintenant que la réalité d’Hugo était différente. En rétrospective, elle croit voir des signes de sa détresse, mais était-ce la réalité…

Devant l’épreuve, Carolyne Dupras mène son combat de tous les jours. « J’ai voulu retourner travailler tout de suite après le décès pour reprendre ma vie, mais j’ai réalisé que j’étais allé trop vite et j’ai dû faire un arrêt de travail. J’avais un nouvel ami et ma relation a pris fin. J’ai recommencé à travailler maintenant et je m’en vais en vacances avec une copine. Je reprends ma vie même si j’ai encore de la peine », dit-elle.

Il y a, par-dessus tout, ses deux filles âgées de 20 et de 15 ans respectivement. Celles-ci se montrent très courageuses, dit-elle, et sont en mesure de recoudre les morceaux de leur vie. Elle a une grande confiance dans leur capacité d’aller de l’avant. Les trois femmes s’épaulent.

Chaque personne peut trouver en elle la force de survivre à l’épreuve, selon Carolyne Dupras. Par contre, il ne faut pas craindre de chercher de l’aide. Pour sa part, elle a suivi des séances d’acuponcture, elle fait de l’exercice et elle vient de se trouver un coach de vie. Ses deux filles aînées ont choisi les voies plus classiques des consultations auprès d’un psychologue et des groupes de discussions.

Un parc à son nom

La mère de famille reste avec beaucoup de questionnement au sujet du suicide. Elle constate le lien étroit avec la santé mentale et elle rêve du jour où la médecine sera suffisamment avancée pour que le mal de vivre puisse être scientifiquement détecté dès le plus jeune âge. « J’ai confiance qu’on va trouver quelque chose », réfléchit-elle.

Dans les heures qui ont suivi la mort, elle a eu le réflexe d’accepter une demande de l’Institut universitaire de santé mentale Douglas de Montréal d’effectuer un prélèvement au cerveau d’Hugo. « Si ça peut les aider dans leurs recherches… », mentionne-t-elle.

Par ailleurs, Carolyne Dupras attend ces jours-ci des nouvelles de la Ville de Mont-Tremblant au sujet d’une demande qu’elle leur a faite. « Hugo était un grand sportif. Il aimait le hockey, le ski et surtout le skate. Le parc de skate était sa deuxième maison. J’aimerais qu’on nomme un parc de skate à son nom », dit-elle.

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Yves Rouleau , journaliste

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