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13 mars 2019

Domaine Saint-Bernard: un chevreuil apprivoisé qui cause du souci

On dit souvent qu’il ne faut pas nourrir les cerfs de Virginie pour éviter qu’ils s’accoutument à l’humain. À Mont-Tremblant, une triste situation survenue à la mi-février est venue le confirmer.

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Le Domaine Saint-Bernard est réputé comme un havre naturel, mais hélas, la proximité entre un chevreuil et le public sur le site n’est pas toujours positive.
Le Domaine Saint-Bernard est réputé comme un havre naturel, mais hélas, la proximité entre un chevreuil et le public sur le site n’est pas toujours positive.
© Photo L’information du Nord – Archives

Maggie est un cerf mâle presque domestiqué qui fréquente depuis 5 ans le Domaine Saint-Bernard. Selon la directrice générale du site, Amelia Puddifer, c’est presque la mascotte du Domaine. « On voit des photos de lui partout sur le Net. Nos usagers l’ont un peu adopté. C’est comme un gros chien, il se laisse même un peu flatter les oreilles. »

Malheureusement, cette proximité avec l’humain a causé un problème, car Maggie a appris que les humains sont ceux qui lui donnent à manger. Résultat: depuis l’interdiction de nourrir les cerfs sur le territoire de Mont-Tremblant, l’année dernière, la mascotte du Domaine Saint-Bernard a du mal à s’adapter.

« L’année passée, nous avons déplacé nos mangeoires à oiseaux, car Maggie allait constamment s’y nourrir. Cette année, avec toute la neige, il a de la difficulté à aller se nourrir dans le bois, alors il a commencé à harceler un peu nos usagers », raconte la directrice générale.

Triste solution

Récemment, le chevreuil a causé toute une frousse à une petite fille dans le sentier A1. L’enfant s’y promenait et a croisé Maggie. Comme elle a mis sa main dans sa poche, l’animal a cru qu’elle avait de la nourriture. Il a donc commencé à suivre la petite fille, qui, effrayée, a fini par tenter de courir pour la semer. Maggie l’a toutefois suivi en courant et l’a fait tomber au sol avec un coup de sabot. « La petite n’avait rien, assure Mme Puddifer, et je crois que c’est un accident: Maggie ne saute jamais sur les gens. Mais on a compris après cet événement que la situation ne pouvait plus durer. »

Le Domaine a donc contacté la Protection de la Faune afin que le cerf soit déplacé à un autre endroit, plus loin des humains. Or, une telle opération est difficile en hiver, car en utilisant un tranquillisant pour endormir l’animal et le déplacer, on diminue ses fonctions vitales comme la circulation sanguine. « Il y a 95% de chances que Maggie meurt de froid si on utilise un tranquillisant, avance Amelia Puddifer. Il nous reste donc deux options: l’abattre, ce qu’on ne veut évidemment pas, ou encore lui réapprendre à avoir peur des humains, par exemple en lui tirant dessus avec des balles en caoutchouc. »

Finalement, le redoux dans la journée du 28 février a permis à la Faune d’endormir puis de déplacer Maggie sans encombres, dans une réserve faunique sur la rivière Rouge. « Ça demeure une situation qui n’est pas idéale, car un changement d’environnement apporte un gros stress à l’animal. Mais ça restait le meilleur scénario. Malgré tout, c’est un triste exemple du mauvais côté du nourrissage des chevreuils et il faut informer la population pour éviter que ce genre de situation se reproduise dans l’avenir. Je sais que les gens le font pour bien faire, mais si chacun, individuellement, donne une graine à un chevreuil, ça fait beaucoup de graines et il développe de mauvaises habitudes », conclut Mme Puddifer.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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