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Virage vert dans la région

L’entreprise privée met l’épaule à la roue

De plus en plus d’entreprises, la plupart issues de bannières bien connues, tentent de réduire leur impact environnemental. Dans la région, le virage vert est bien entrepris pour plusieurs compagnies.

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Une meilleure gestion des déchets est une avenue utilisée par de nombreuses entreprises de la région pour réduire leur empreinte carbone.
Une meilleure gestion des déchets est une avenue utilisée par de nombreuses entreprises de la région pour réduire leur empreinte carbone.
© Photo Unsplash – Gary Chan

Les exemples ne manquent pas, notamment dans le monde de l’alimentation. Les supermarchés Metro ont désormais pour politique de ne vendre que des poissons issus d’espèces qui ne sont pas en danger de disparition et qui ont été pêchés en quantité raisonnable, de façon à assurer que les stocks se renouvellent.

Autre exemple, dans le monde de la restauration rapide, le Groupe St-Hubert a décidé d’éliminer les pailles de plastique dans l’ensemble de son réseau. Des pailles en papier, biodégradables, sont désormais offertes aux clients sur demande. Bornes de recharges électriques, compostage dans les rôtisseries et retrait complet du styromousse figurent aussi parmi les gestes pris par l’entreprise dans le cadre de son programme St-Huvert.

Dans la région, la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) des Laurentides offre dans le cadre du Fonds Soutien aux petites entreprises une expertise en développement durable pour que des entreprises puissent identifier des gestes à poser afin de réduire leur impact environnemental. Selon Marie-Christine Rhéaume, de la SADC, les entreprises ont quatre avenues à emprunter pour devenir écoresponsables: d’abord, réduire le nombre de déchets qu’elles produisent. Ensuite, dans l’ordre, elles tentent de réutiliser leur matériel, et si c’est impossible, elles le recyclent ou tâchent de le valoriser autrement. Plusieurs entreprises se sont prévalues de ce programme, notamment le Lave-auto Mont-Tremblant.

Station Mont Tremblant

C’est aussi le cas de la Station Mont Tremblant, qui a obtenu en juin 2017 sa certification « Entreprise écoresponsable », devenant la première station de ski au Québec à être certifiée. Cette certification vient couronner des efforts qui ont commencé en 2013, au Chalet des Voyageurs, où on a commencé à installer des bacs pour recueillir les matières compostables. Le Grand Manitou et chacune des cafétérias de la Station ont emboîté le pas en 2014, puis les commerces. Les hôtels aussi commencent maintenant à se mettre à la page.

Selon Nathalie Dandoy, chef de service à l’entretien des bâtiments et du site, on peut vraiment parler de virage depuis trois ans. « On a beaucoup modifié nos façons de faire en prenant les idées de nos employés, dit-elle. Un comité écoresponsable a d’ailleurs été mis en place pour trouver des façons d’économiser l’énergie, de réduire nos gaz à effet de serre [GES] et de mieux gérer nos déchets. » Ce comité a maintenant des antennes dans chaque département, où s’impliquent tant la direction que les employés. Son objectif est de réduire de 5% ses émissions de GES d’ici mai 2024.

Fairmont

L’hôtel Fairmont Tremblant a aussi l’objectif de réduire ses émissions de GES de 5%, mais dans un temps beaucoup plus rapide: d’ici le 31 décembre 2019. C’est le comité Planète 21 qui veille à rendre l’entreprise plus environnementale. « Ce comité a changé de nom au fil du temps et des programmes adoptés par notre chaîne d’hôtels, mais il existe depuis l’ouverture du Fairmont Tremblant, il y a 20 ans », soutient la directrice adjointe Annie Gauthier. L’autre objectif visé en 2019 par ce comité est de réduire le gaspillage alimentaire de 30%. Pour ce faire, le Fairmont composte lui-même ses déchets organiques.

Plusieurs autres initiatives ont également été mises en place ces dernières années: réduction importante de l’usage du plastique, décision de ne plus offrir de produits contenant de l’huile de palme, changement de draps seulement au bout de quelques jours si la chambre est occupée par le même client, etc.

Des débouchés pour ses déchets

La microbrasserie St-Arnould de Mont-Tremblant, pour sa part, fait affaire avec la ferme Au Coq à l’Âne d’Huberdeau pour réduire sa quantité de déchets. Cette ferme récupère les drêches, soit les résidus de céréales issus de la transformation en bière.

« C’est une bonne source de protéines pour les ruminants, avance Linda Gaudreau, copropriétaire d’Au Coq à l’Âne. Quand on a un été comme celui qu’on a eu et qu’on manque de foin, ça aide beaucoup à nourrir nos bêtes l’hiver. » Les microbrasseries se multipliant récemment dans la région, Mme Gaudreau recommande maintenant d’autres petits producteurs du coin à ces entreprises, question de soutenir l’agriculture locale.

La chaîne de cafés-bistros Couleur Café, qui a pignon sur rue à Mont-Tremblant, récupère elle aussi ses déchets organiques et les envoie à des entreprises qui en font du compost. Les poches de jute servant au transport des grains de café sont également prisées par plusieurs petits agriculteurs, qui les récupèrent pour transporter ensuite leurs propres produits.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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