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Le combat de Mélanie Yelle

« Je ne veux pas que Jolianne soit morte pour rien »

Il y a de ces dates qui marquent à jamais des vies. Pour Mélanie Yelle, c’est le 9 octobre 2017. Cette journée-là, sa fille de 17 ans, Jolianne, perdait la vie dans un accident de la route à La Conception.

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Jolianne Larivière a perdu la vie tragiquement dans un accident routier à l’âge de 17 ans.
Jolianne Larivière a perdu la vie tragiquement dans un accident routier à l’âge de 17 ans.
© Photo gracieuseté

Même si c’est la vitesse qui a provoqué l’accident, Mme Yelle continue de croire que la cause de ce drame a quelque chose de plus profond. « Je demeure persuadée que ma fille avait une maladie mentale, dit-elle. Ce n’était pas une tripeuse de vitesse et de chars modifiés. Elle s’est retrouvée dans une gang comme ça parce qu’elle ne savait pas dire non et parce qu’elle avait une nature très impulsive. »

Cette impulsivité ne datait pas d’hier. Très jeune, Jolianne a reçu un diagnostic de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Selon la mère, il y avait deux Jolianne, celle qui réussissait bien à l’école le jour et qui était médicamentée, et celle du soir, qui ne prenait pas son médicament et qui adoptait fréquemment des comportements à risque.

« Encore une semaine avant l’accident, Jolianne m’a confié qu’elle ne voulait plus voir le garçon avec qui elle est partie ce soir-là et avec qui elle a eu l’accident, justement parce qu’elle trouvait ça con qu’il fasse de la vitesse sur l’autoroute. C’est comme si, tout le temps, il y avait un combat entre sa raison et son impulsivité », raconte Mme Yelle.

Un court-métrage

La mère éplorée reconnait avoir « toujours eu peur que ça finisse mal » pour sa fille, mais qu’elle était dépourvue pour l’encadrer. « Jolianne performait bien dans tout. C’est pour ça que, souvent, je minimisais beaucoup ses problèmes de comportement, je voulais lui faire confiance. Elle m’a raconté beaucoup de mensonges et je la croyais beaucoup. Plus vieille, je voulais qu’elle voie un psychologue et elle n’a jamais voulu, et j’ai voulu la médicamenter le soir et elle n’a jamais voulu. Je ne voulais pas lui tordre un bras. Maintenant qu’il est arrivé ce qui est arrivé, je ne veux pas que d’autres parents fassent comme ça », confie-t-elle.

C’est pourquoi Mélanie Yelle compte maintenant réaliser un court-métrage pour raconter l’histoire de sa fille. Au-delà de la vitesse, elle veut montrer à l’écran que de mauvais choix peuvent t’amener jusqu’au gouffre. « Je veux sensibiliser les jeunes dans les écoles, qu’ils se disent: « Ça pourrait m’arriver ». Je veux prévenir d’autres drames comme celui de Jolianne, que Jolianne soit un peu un exemple pour eux. »

Pour soutenir la cause

Pour financer son court-métrage, Mélanie Yelle veut publier un magazine dans la région de Saint-Sauveur à Sainte-Agathe, où Jolianne était la plus connue (elle a étudié à la polyvalente de Sainte-Adèle). « On y vendrait des espaces publicitaires pour recueillir des fonds pour le court-métrage. Le contenu, ce serait surtout des témoignages pour sensibiliser les lecteurs à la maladie mentale et aux difficultés des jeunes et de leurs parents », explique-t-elle. Il est aussi possible de faire un don ou d’acheter des bijoux pour soutenir le projet, en allant sur le site https://jolianne.ca/. Soulignons en terminant que Mme Yelle cherche toujours une équipe de tournage pour réaliser son court-métrage.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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