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5 juillet 2019

« Maintenant, c’est le jeune qui passe l’entreprise en entrevue » -Marc-André Caron

L’emploi d’été a longtemps été un passage obligé pour les jeunes Québécois. Or, depuis quelques années, les employeurs peinent à combler ce genre de postes, à cause de la pénurie de main-d’œuvre.

Maxime Coursol

Marc-André Caron montre les offres d’emploi publiées dans les médias locaux, affichés sur le babillard du CJE.
Marc-André Caron montre les offres d’emploi publiées dans les médias locaux, affichés sur le babillard du CJE.
© Photo L'Information du Nord - Maxime Coursol

C’est une révolution qui a pris tout le monde de court. Depuis cinq ans, les départs massifs à la retraite ont permis aux jeunes d’avoir un plus grand choix de possibilités d’emplois à occuper. Résultat: ce ne sont plus les employeurs qui ont le gros bout du bâton.

« On constate que la majorité des jeunes occupent déjà un emploi durant leurs études, avance Marc-André Caron, directeur du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) des Laurentides. Quand arrive l’été, donc, ils se contentent d’augmenter leurs heures, ils n’ont pas à chercher une job. Ceux qui se cherchent une job, ce sont ceux qui ont moins besoin de travailler. Ils vont travailler pour ramasser des sous pour mener un projet, par exemple s’acheter un cellulaire ou partir en voyage. Quand ils ont atteint l’objectif, ils quittent leur emploi. »

L’ambiance plutôt que le salaire

On se retrouve donc avec deux catégories de jeunes: ceux qu’on pourrait qualifier d’hyperactifs, qui cherchent l’emploi de leur goût et qui n’hésitent pas à changer souvent quand ça ne fait plus leur affaire, et ceux qui sont plus anxieux, qui retardent leur entrée sur le marché du travail. Mais dans tous les cas, le salaire n’est plus ce qui les motive. « Tout le monde le constate: maintenant, c’est le jeune qui passe l’entreprise en entrevue. Il va rencontrer l’employeur et ce qui l’allume, c’est l’ambiance de travail, la flexibilité des horaires et surtout, s’il peut faire des suggestions qui seront écoutées pour changer l’organisation du travail », affirme M. Caron.

Cela dit, les employeurs qui ont pris ce tournant réussissent relativement bien à retenir leur personnel. M. Caron cite en exemple le Village du Père Noël, à Val-David. « L’employeur prend soin de son personnel, il prend le temps de connaître ses employés et de leur donner des tâches qui vont avec leurs intérêts. Par exemple, celui qui aime les animaux, il va le charger des soins à la fermette, alors que celui qui aime le théâtre, il va lui donner les animations avec les enfants », explique-t-il.

Il ajoute que selon ses observations, l’employeur qui offre de la rétroaction en temps réel à ses employés tire lui aussi son épingle du jeu, car c’est ce que les jeunes préfèrent.

L’éloignement et le travail physique

Certains emplois restent toutefois malheureusement des mal-aimés. Un constat que fait Marc-André Caron, c’est que les jeunes, en général, se détournent de plus en plus des travaux plus physiques. « Le taux de chômage est de 3,8% dans la grande région des Laurentides. Ça fait qu’ils peuvent passer leur tour sur les emplois plus pénibles, par exemple dans des pépinières, parce qu’il y a de la job ailleurs », dit-il.

Enfin, un autre facteur explique que certains emplois d’été trouvent moins preneurs: les jeunes sont moins nombreux à avoir une voiture. « Dans des milieux de travail en plein air, comme le CTEL par exemple, c’est un défi d’avoir des employés, car c’est loin pour le parent d’aller le porter et le jeune, lui, n’a pas d’auto », explique M. Caron.

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Maxime Coursol

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