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10 septembre 2019

Selon un récent rapport

Le lac Maskinongé dépérit à une vitesse accélérée

L’état du lac Maskinongé à Mont-Tremblant s’est détérioré au cours des dernières années, ce qui préoccupe fortement le président d’une association du lac.

Yves Rouleau , journaliste

L’organisme CRE Laurentides a fait installer des affiches au lac Maskinongé avec un message de sensibilisation à l’intention des usagers.
L’organisme CRE Laurentides a fait installer des affiches au lac Maskinongé avec un message de sensibilisation à l’intention des usagers.
© (Photo L’information du Nord – Yves Rouleau )

Un rapport du groupe Hémisphères, réalisé à la demande de la Ville de Mont-Tremblant, indique que le lac est passé d’un niveau trophique mésotrophe, selon une étude de 2012, à eutrophe en 2018. L’eutrophisation est un vieillissement du lac qui se réalise ordinairement sur une longue période. À terme, l’eutrophisation entraîne la mort d’un lac.

Le lac Maskinongé est le seul de Mont-Tremblant à afficher une telle augmentation du niveau trophique, selon l’étude d’Hémisphères.

« La chaleur de l’été 2018, la faible profondeur du lac et la faible transparence de l’eau sont vraisemblablement responsables de l’anoxie du métalimnion, bien que ce soit un phénomène peu commun dans les lacs des Laurentides. Ce lac est toutefois colonisé par le myriophylle à épi et possède une superficie non négligeable d’agriculture dans son bassin versant. Il n’est donc pas surprenant de constater ces symptômes d’eutrophisation », souligne le rapport.

Plus loin, l’étude d’Hémisphères ajoute: « Selon l’analyse des cotes trophique (TSI), le lac Maskinongé serait considéré comme trophique. En effet, un lac possédant un TSI au-dessus de la marque des 50 présenterait généralement des conditions propres aux lacs eutrophes, tels un hypolimnion anoxique, une turbidité élevée, un couvert de macrophytes important et une mortalité de poisson, ce qui est le cas au lac Maskinongé en 2018. Effectivement en plus des observations décrites plus haut, plusieurs observations de poisson mort ont été faites à l’été 2018 ».

Appel à l’action

Le président de l’Association des propriétaires et des résidents du lac Maskinongé, André Lachapelle, n’a pas caché que ces nouvelles données l’inquiètent au plus haut point, lors d’une intervention au conseil municipal et lors d’une entrevue avec L’information du Nord.

« C’est très préoccupant de constater que le lac s’est autant détérioré en cinq ans », mentionne-t-il. M. Lachapelle demande à la Ville d’investir des fonds pour lutter contre la détérioration du lac. « Notre association fait de son mieux, mais avec 26 membres qui achètent une carte de membre de 20$, ça fait un budget limité », indique M. Lachapelle.

La Ville a bien investi 37 000$ dans une étude, ajoute-t-il, mais l’association voudrait qu'elle fasse davantage. « C’est bien beau les études, mais qu’est-ce qu’on fait après. Actuellement, on est comme un patient qui consulte un médecin à la suite de l’autre sans jamais se faire soigner », lance-t-il.

Le président de l’association mentionne qu’il aimerait qu’on tienne davantage compte de projets concernant les lacs réalisés ailleurs. Il cite notamment un projet au lac Brome.

Zones problématiques

De son côté, l’Association des propriétaires et des résidents du lac Maskinongé prêtera prochainement son concours bénévole à l’organisme CRE Laurentides pour une opération d’échantillonnage de plantes du lac. On voudrait cerner les zones problématiques comportant des plantes envahissantes. Éventuellement, on souhaiterait encercler ces zones pour y empêcher la navigation puisque celle-ci contribue à la prolifération.

L’encerclement s’accompagnerait de signalisation. L’Association voudrait de l’aide financière de la Ville pour défrayer les coûts de cette signalisation. M. Lachapelle indique qu’une signalisation semblable a déjà été mise en place au lac Mercier.

Assemblée annuelle

Par ailleurs, le président de l’Association des propriétaires et des résidents du lac Maskinongé rappelle que l’organisme tiendra son assemblée générale annuelle le dimanche 15 septembre, à 9h, à la salle du conseil de l’hôtel de ville de Mont-Tremblant.

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Yves Rouleau , journaliste

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