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3 septembre 2019

Programme SEXTO

Le sextage entre mineurs est pris au sérieux

« T’es tellement belle. Pas game de m’envoyer une photo de toi toute nue. » C’est sur ces mots que débute une vidéo de sensibilisation faite pour les jeunes à propos des dangers du partage de contenu intime. À Mont-Tremblant, le programme Sexto est actif depuis la rentrée scolaire. La trousse du même nom permet dorénavant aux autorités de traiter ces dossiers dans un délai moyen d’une semaine.

Véronique Piché

(Photo Unplash)
(Photo Unplash)
© S’il peut paraître banal pour des adolescents d’envoyer des photos compromettantes d’eux-mêmes à leur amoureux, cela reste illégal et les images peuvent même se retrouver ailleurs que sur le cellulaire du destinataire indiquent les autorités. 

Échanger des images intimes d’un jeune de moins de 18 ans, même si toutes les personnes impliquées sont mineures, c’est un acte de pornographie juvénile selon le Code criminel. En d’autres termes, publier, posséder ou partager une photo par exemple des organes génitaux d’un ami, voilà trois actes criminels différents pour un jeune qui fréquente l’école secondaire.

Formation

Dans l’approche traditionnelle, traiter un tel dossier pouvait prendre une année complète. Aujourd’hui, les choses ont changé. « Tous les techniciens en éducation spécialisée (TES) ont été formés au printemps à l’école pour le programme Sexto, tout comme les policiers du Service de police de la Ville de Mont-Tremblant », explique le capitaine Alexandre Boucher. Le degré de préparation sur le terrain est donc optimal.

« Si une jeune fille de Lac-Supérieur envoie pendant la fin de semaine une photo d’elle dévêtue à son petit copain de Brébeuf, lequel partage la photo avec d’autres amis, cette jeune-là pourra dès le lundi matin aller voir la TES de son école », illustre Alexandre Boucher. Les policiers récupèrent la grille remplie par l’intervenante de l’école et font parvenir le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). C’est à ce niveau que l’on décide si l’approche Sexto ou celle dite traditionnelle sera de mise.

Avertissement

Même si l’intention de départ est peut-être un jeu de séduction, cette situation est prise très au sérieux. Après avoir rencontré les policiers, les jeunes impliqués dans la situation doivent détruire tout le contenu intime visé. Ils pourront ressortir du processus avec un « avertissement associé à leur identité, ce qui n’a rien à voir avec un dossier criminel ». En général, on parle d’un règlement de la situation dans un délai d’environ une semaine.

« Le principe derrière Sexto, c’est la vitesse d’exécution pour stopper la propagation des images en question », exprime Me Marc Forgues, procureur en chef adjoint au DPCP, dans une capsule vidéo mise en ligne par le Bureau.

Y a-t-il beaucoup de sextage entre mineurs – ou d’autopornographie juvénile – à l’école secondaire Curé-Mercure ? Le capitaine Alexandre Boucher dit ne pas avoir de chiffres exacts sur le sujet. « Sur le nombre de jeunes qui a fait des démarches, combien y en a-t-il qui étaient trop gênés ? », demande-t-il en retour.

Le programme Sexto est né d’un partenariat entre le Service de police de Saint-Jérôme, des intervenants scolaires et le Bureau des affaires de la jeunesse du DPCP.

Un sexto, c’est quoi?

C’est un message à caractère sexuel, érotique, pornographique ou intime accompagné ou non d’une photo envoyée par texto, une application de messagerie, un réseau social ou autre.« L’autoexploitation juvénile, aussi appelée sextage ou partage non consensuel d’images intimes, se définit comme le fait, pour un jeune, de créer et de transmettre ou de partager avec d’autres jeunes, par l’entremise d’Internet ou d’appareils électroniques, des photos ou des vidéos à caractère sexuel », indique la Centrale canadienne de signalement des cas d'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet (cyberaide.ca). 

Besoin d’aide?

Pour de l’aide, vous pouvez aussi communiquer directement avec le Service de police de la Ville de Mont-Tremblant. Les parents et les jeunes peuvent aussi consulter les ressources suivantes: 

Cyberaide.ca: Centrale canadienne de signalement des cas d'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet. L'organisme reçoit et traite les signalements du public relativement à du matériel potentiellement illégal et des activités liées à l’exploitation sexuelle d’enfants, et renvoie tous les cas litigieux à l’instance policière ou à l’agence de protection de l’enfance concernée.

AidezMoiSVP.ca: Aide les ados à bloquer la propagation de photos et de vidéos à caractère sexuel et les accompagne en cours de route.

Centre canadien de protection de l'enfance: Organisme caritatif voué à la sécurité personnelle des enfants. Source:vsj.ca

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Véronique Piché

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