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14 février 2020

Dans la zone de surveillance rehaussée

Maladie débilitante chronique des cervidés : aucun cas détecté

Le ministère de la Faune n’a pas encore déterminé s’il y aura lieu d’ouvrir une nouvelle chasse permissive aux cerfs de Virginie et aux cervidés, en 2020, afin de détecter la présence de la Maladie débilitante chronique des cervidés (MDC) dans la Zone de surveillance rehaussée, qui touche une partie de notre région. La chasse permissive qui s’est terminée le 17 novembre ne s’est soldée par aucune détection.

Yves Rouleau , journaliste

Lors de la chasse permissive de l’automne dernier, des opérations de prélèvement ont eu lieu dans cinq stations d’enregistrement, comme celle-ci, dans un rayon de 45 kilomètres de l’élevage où des cas de la Maladie débilitante chronique des cervidés ont été détectés.
Lors de la chasse permissive de l’automne dernier, des opérations de prélèvement ont eu lieu dans cinq stations d’enregistrement, comme celle-ci, dans un rayon de 45 kilomètres de l’élevage où des cas de la Maladie débilitante chronique des cervidés ont été détectés.
© Photo MFFP

La chasse permissive, qui a été mise en branle à la suite de cas de MDC chez des cerfs rouges d’une ferme d’élevage des Laurentides, touchait 17 municipalités. Parmi celles-ci des municipalités de la région telles que Amherst, Huberdeau, Arundel, Barkmere et Montcalm. La chasse a mené à une récolte de 1655 cerfs, dont 246 faons. La presque totalité, c’est-à-dire 1358 cerfs adultes et 14 orignaux, a été analysée, souligne le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dans un relevé de la situation publié récemment sur son site Internet.

Les chasseurs qui abattaient un cerf de Virginie de plus de 12 mois dans la Zone de surveillance rehaussée (ZSR) avaient l’obligation légale de le faire analyser. Des employés du MFFP étaient sur place dans cinq stations d’enregistrement du secteur, précise-t-on.

« Pour la saison 2020, les experts du Ministère se prononceront ce printemps sur les efforts de surveillance et les modalités de chasse à mettre en place », mentionne le MFFP dans son rapport.

Précautions maintenues

Le ministère souligne qu’en tenant compte qu’aucun cas de la maladie n'a été relevé chez les cerfs de Virginie sauvages cet automne, on est à même de conclure que la maladie touche peu d’animaux.

« Cet état de situation nous permet de croire qu’il est toujours possible d’éviter la propagation ou l’établissement de la maladie au Québec », ajoute-t-on.

Des précautions continueront d’être prises pour le moment, même si l'on n’a pas encore décidé de la tenue d’une nouvelle chasse permissive. Ainsi, le MFFP poursuivra les activités de surveillance intensives dans les secteurs à proximité de l’élevage touché afin de détecter rapidement un animal contaminé.

« Le maintien de faibles densités de cerfs dans ces mêmes secteurs est important afin de réduire les contacts entre les animaux et ainsi diminuer les risques de propagation », ajoute le MFFP dans sa conclusion.

Rappelons que la récente saison de chasse permissive dans la Zone de surveillance rehaussée s’est déroulée du 21 septembre au 17 novembre avec tous les engins et pour les femelles et les faons, autant que les mâles.

Nouvelle chasse permissive: décision en mai

L’échantillonnage satisfaisant sans détection de cas de la Maladie débilitante chronique des cervidés (MDC), un résultat très important, ne met pas fin pour autant à l’étroite supervision dans la Zone de surveillance rehaussée.

Le biologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs Yannick Bilodeau indique qu’une surveillance sera effectuée pendant encore quatre ans, bien qu’il ne soit pas encore déterminé si la mesure de la chasse permissive, comme l’automne dernier, sera remise en vigueur en 2020. Ce n’est qu’en mai que les experts du MFFP se prononceront.

« Le Ministère a récolté l’échantillonnage dont il avait besoin. Nous pouvons maintenant affirmer que, si la maladie est présente, elle affecte peu d’individus », mentionne M. Bilodeau en soulignant « la collaboration exceptionnelle de la population, des chasseurs, des agents de la Faune et des policiers » pour que l’opération se déroule en bon ordre.

Il faut savoir, indique le biologiste, que la MDC pourrait tout de même se trouver chez certains animaux, comme les bêtes de moins de 12 mois qui peuvent être porteurs du prion sans être malades, tout comme d’autres animaux plus âgés peuvent être porteur sans afficher de symptômes puisque la période d’incubation est de 17 à 36 mois, ce qui complique la détection et incite à prolonger le processus, précise le biologiste.

Une des principales raisons, par ailleurs, pourquoi le MFFP attendra en mai avant de prendre une décision sur une nouvelle chasse permissive est liée au taux de mortalité naturelle hivernale. « Certains hivers, le taux de mortalité peut atteindre jusqu’à 30 ou 40% du cheptel », mentionne Yannick Bilodeau.

Enfin, le biologiste indique que la provenance du premier cas de la Maladie débilitante chronique des cervidés, chez un animal d’une ferme d’élevage des Laurentides, n’a pas encore été déterminée du côté du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. « C’est très difficile de retracer l’origine. Est-ce que la maladie originait d’un animal acheté d’une autre ferme ? Ce n’est pas déterminé. L’enquête se poursuit de leur côté», explique-t-il.

 

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Yves Rouleau , journaliste

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